Le roman L’Île d’Enfer

L.F. Rouquette effectue son périple en Islande en 1922. La première parution de ce roman qui retrace son séjour est sortie en 1924. Dans la Collection originale des éditons Mornay, avec des illustrations de Barthélemy* et chez J. Ferenczi et fils en 1925.

Les éditions Ferenczi ont publié une série de textes de Rouquette sous l’intitulé « Les Romans de ma vie errante ». On y retrouve:

I . Le Grand Silence Blanc (roman vécu d’Alaska)

II . Les Oiseaux de Tempête (Roman vécu des mers australes)

III . La Bête Errante (Roman vécu du Grand Nord canadien)

Il existe un grand nombre de publications plus tardives. Les bois de *Barthélemy, c’est à dire les illustrations dans l’édition Mornay, sont assez fidèles des lieux représentés. Cet artiste devait avoir des photographies que Rouquette avait certainement prise sur place. L’auteur avait aussi réalisé des prises de vues cinématographiques. Malheureusement tout cela a disparu.

Extrait du roman qui indique la présence d’une caméra:

« On lui [un nouveau cheval] colle aussitôt l’appareil cinématographique sur le dos.

Pauvre appareil, il n’a jamais été à pareille épreuve.

Combien de fois, au long de ma route, mes yeux se sont posés sur lui, alors qu’au trot de la bête j’entendais comme un bruit de ferraille ; le pied brimbalait comme une rapière trop longue, dont le pommeau serait trop lourd.
Parfois il prenait au poney la fantaisie de se rouler, pattes en l’air… Puis, remis debout, il se secouait, heureux de ce délassement.

Ah ! j’avais bien besoin de m’empoisonner avec cet outil-là.

Et je revoyais les pièces minuscules, l’iris et les entrailles mystérieuses, les écrous gros comme des têtes d’épingle, les roues dentelées, le fragile obturateur.

Dans la sacoche, les boîtes rondes où se trouve la pellicule vierge.

Pellicule, appareil, tout le fourbi, reçoivent la neige depuis des jours, traversent avec nous les rivières… mais le soir, lorsque je range soigneusement mon bagage, j’ai la satisfaction de voir que la maison Pathé, prévenante, a eu le soin d’écrire en grosses capitales tout autour des boîtes : CRAINT L’HUMIDITE. »

En 1986, pour réaliser l’exposition sur ce roman, j’ai mélangé sur des panneaux, extraits de texte, commentaires, photos anciennes et photos récentes. Cette exposition était complétée par une autre exposition de mes photos contemporaines intitulée « Lumières Boréales ».

In 1986, in order to complete the exhibition on this novel, I mixed on panels: text extracts, comments, old and recent photos. This exhibition was completed by another exhibition of my contemporary photos entitled « Boreal Lights ».

L.F. Rouquette made his journey to Iceland in 1922. The first edition of his novel, which traces his stay and included illustrations by Barthélemy *, was published in 1924 by Mornay editions. A following edition was published by J. Ferenczi and Sons in 1925.

Ferenczi and Sons publisher, printed a series of Rouquette’s texts under the title « The novels of my wandering life”:

I. The Great White Silence (based on his experience in Alaska)
II. The Birds of Storm (based on his experience in southern seas)
III. The Wandering Beast (based on his experience in Canada’s Far North)

There are a large number of later publications. Barthélemy’s illustrations in the Mornay edition, are fairly accurate. This artist had to have photographs taken by Rouquette on location. The author also made cinematographic shots. Unfortunately, these have all disappeared.

Excerpt from the novel that indicates the presence of a camera:
« We put the film camera on the back of our new horse. Poor camera, it has never been through such a test”.

“How many times, along my way, while trotting, I heard metal clanking; the tripod, like a rapier too long, whose heavy pommel would scrap the rocky earth.”

“Sometimes, my pony would fancy to roll, paws in the air … and then stand up, shake, happy with this relaxation.”
“Ah! I needed to burden myself with this tool.”
“I saw the tiny pieces, the iris and the mysterious entrails, the nuts as big as pinheads, the serrated wheels, the fragile shutter.”
“In the satchel, round boxes containing virgin film.”
“Film, camera, all related material were submitted to snow and rivers … but in the evening, when I carefully unpack my luggage, I have the satisfaction to see that Pathé had the care of writing in big capitals all around the boxes: FEARS MOISTURE. « 

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