Pêcheurs d’Islande

Note du rédacteur Martial / athugasemd höfundar

L.F. Rouquette part en Islande avec pour mission de réaliser un reportage documentaire des pêcheurs français dans ce pays. Cette pêche est dans ces dernières années de pratique. Les fameux Pêcheurs d’Islande, avec les Terra-Neuvas , ont marqué un siècle de pêche au long cour dans ces mers difficiles. En 1935, un bateau de Paimpol « La Glycine », une goélette motorisée, est allé pour la dernière fois dans ces eaux terribles avant l’arrêt définitif de cette pêche (Une autre goélette Le Butterfly, coulera lors de son retour).

Les Islandais prenaient possession de leur zone de pêche. 1922 est justement une date importante à partir de laquelle les autorités islandaises ont interdit la pêche dans leurs eaux territoriales aux étrangers.

Les autorités françaises missionnent cet écrivain voyageur, qui équipé d’une camera et de films Pathé, va filmer ces marins pêcheurs à l’escale du début de l’été quand les chalutiers sont vidés de la première pêche. Les poissons sont transbordés dans un « chasseur », l’Yport, le bateau par lequel Rouquette est arrivé.

Malheureusement le film s’est perdu dans le temps. Nous n’avons pas la chance de voir ces prises de vues qui auraient donné un autre aperçu des Pêcheurs d’Islande.

Il ne va pas trouver sur place des équipages Bretons comme on aurait pu s’y attendre, qui ont été les plus nombreux dans cette longue période de « pêche à Islande » mais des Normands, des Fécampois. Les armateurs et patrons de pêche normands sont plutôt, d’habitude, orientés vers Terre-Neuve.

La pêche a évolué, les bateaux ne sont plus des goélettes mais des chalutiers à vapeur.

L’auteur nous décrit la vie de ces équipages, à terre, car il ne participera pas à une pêche en mer. Il trouve chez les capitaines, de vrais loups de mer, des personnages comme il les aime, à l’identique de ceux qu’il a croisé dans ces aventures dans les autres pays lointains. Il s’amuse aussi des « arrangements » que ces hommes, ces capitaines et représentants des autorités islandaises combinent pour de petits profits. Par contre il marque une vraie admiration pour les simples marins. Hommes aux limites de la résistance physique, qui vivent dans des conditions plus que difficiles, même si à cette époque le travail s’était nettement amélioré par rapport aux goélettes.

Rouquette cite les noms des bateaux et des capitaines présents. M. Jack Daussy de Fécamps m’a envoyé de précieuse photos de ces chalutiers.

Il y a eu plusieurs CAP-FAGNET. Le dernier semble avoir coulé dans les eaux islandaises. Dans la partie « secours » du très intéressant musée de Skogar, une vidéo montre le sauvetage de l’équipage dans des conditions épouvantables de mer déchainée.

CAP-FAGNET I

CAP-FAGNET, capitaine Tribaulet. Gréé en ketch. Tonnage brut 585, tonnage net 216. Longueur 170,11 m. Largeur 27, creux 15. Construit à Aberdeen par Hall Russell and C° (Ltd) en 1920. Chalutier. Armateur : les pêcheries de Fécamp.

NORMANDIE

NORMANDIE, capitaine Terrier. Gréé en goélette. Tonnage brut 535, tonnage net 184. Longueur 162,7 m. Largeur 27,5, creux 14,1. Construit à South Shields par J.T. Eltringham and C° (Ltd) en 1913. Chalutier. Armateur : les pêcheries de Fécamp.P

LA SOMME

LA SOMME, est armé avec deux petits canons. La photo date de la Grande Guerre.

La goélette La Glycine, dernière goélette « islandaise ».

La Glycine

Le contraste entre goélette et chalutiers marque vraiment un tournant dans la manière de concevoir la pêche. Il est dit que le retard technologique des flottes de pêche française, trop de voile et pas assez de modernisation avec des moteurs, aurait contribué à la fin de ce type de pêche face aux flottes anglaises et autres beaucoup plus performantes. Les chalutiers donnent un rendement quatre à cinq fois supérieur aux voiliers, le « Siècle des voiliers » comme il est dit en Islande était terminé.

Les photos des chalutiers m’ont été transmise par Jack Daussy. Auteur de nombreux livres dont: « Les chalutiers classiques Fécampois, 57 chalutiers mis en service de 1905 à 1939 ».

Suite / eftirfarandi texta…

English texte

L.F. Rouquette travels to Iceland with the mission of producing a documentary report on the French fishermen operating in the country. This practice is in its final years. The famous Fishermen of Iceland and Terra-Neuvas, have marked a century of long-distance fishing in these difficult seas. In 1935, a boat from Paimpol « La Glycine », a motorized schooner, travelled for the last time in these terrible waters before the definitive cessation of this fishing (Another schooner The Butterfly, will sunk upon its return).
Icelanders claimed possession of their fishing area. In 1922, Icelandic authorities banned foreigners from fishing in their territorial waters..The French authorities commissioned this traveling writer, who equipped with a camera and Pathé films, will capture theactivities of these fishermen at the stopover at the beginning of the summer when trawlers emptied their first catches. The fish are transshipped in a « hunter », the Yport, the boat by which Rouquette arrived.
He will not find Breton crews as one would have expected, who generally were the most numerous in this long period of « fishing in Iceland », but Normans, and Fécampois. Normally, the owners and patrons of fishing in Normandy focussed on Terre Neuvas. Fishing has evolved; boats are no longer schooners, but steam trawlers.
The author described the life of these crews on land, because he will not participate in a sea fishing. He finds in these captains, real sea lionscharacters; the same as those he crossed in other distant lands. He also enjoys « arrangements » that these men, these captains and representatives of the Icelandic authorities combine for small profits. On the other hand it marks a true admiration for the simple sailors. Men who pushed themselves to the limits of physical resistance, who live in more than difficult conditions, even if at that time work had improved significantly compared to schooners. Rouquette quotes the names of the boats and captains present.

Mr. Jack Daussy from Fécamps sent me some precious pictures of these trawlers.

There have been several CAP-FAGNETs. The last one seems to have sunk in Icelandic waters. In the « rescue » part of the very interesting museum of Skogar, a video shows the rescue of the crew in appalling sea conditions.

CAP-FAGNET 1

CAP-FAGNET, Captain Tribaulet. Rigged ketch. Gross tonnage 585, net tonnage 216. Length 170.11 m. Width 27, Hollow 15. Built in Aberdeen by Hall Russell and Co. (Ltd) in 1920. Trawler. Owner: the fisheries of Fécamp.

Le NORMANDIE

NORMANDIE, Captain Terrier. Rigged schooner. Gross tonnage 535, net tonnage 184. Length 162.7 m. Width 27.5, hollow 14.1. Built at South Shields by J.T. Eltringham and Co. (Ltd.) in 1913. Trawler. Owner: the fisheries of Fécamp.

Le SOMME

THE SOMME, is armed with two small guns. The photo is from the Great War.Unfortunately the film was lost in time. We do not have the opportunity to see these shots that would have given another glimpse of the Fishermen of Iceland.

Photo of the schooner La Glycine:

The contrast between schooner and trawlers really marks a turning point in the way fishing was conceived. It is said that the technological backwardness of the French fishing fleets, too much sailing and not enough modernization with engines, would have contributed to the end of this type of fishing in the face of the English fleets and other much more efficient ones. The trawlers give a yield four to five times higher than the sailboats, the « Century of the sailboats » as it says in Iceland was finished.

Photos trawlers with courtesy of Jack Daussy.

Jack Daussy’s book: The Fécampois Classic Trawlers, 57 Trawlers Put In Service From 1946 To 1971.

Suite / eftirfarandi texta…

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